Franchir la frontière suisse pour demander un emprunt : le crédit frontalier suisse

Le statut de frontalier permet aux salariés, payés en francs suisses alors qu’ils dépensent généralement des euros, de jouir souvent de meilleures conditions d’emprunt.

Les institutions bancaires suisses sont conscientes des réalités de la vie des transfrontaliers : elles ont adapté des crédits au profil des salariés naviguant au quotidien entre deux monnaies, deux espaces économiques différents.

Les types de crédits proposés

Pour des travailleurs frontaliers, le risque de change est omniprésent : le cours du jour peut leur être favorable mais le lendemain, ne plus l’être, occasionnant des pertes sur leurs revenus.

Il est alors plus avantageux de rembourser une maison, régler des factures, racheter des crédits, dans la devise dans laquelle est payé le salarié.

Il existe plusieurs crédits frontaliers :

  • Le prêt personnel (ou crédit privé) : il s’agit d’un crédit à la consommation, relativement semblable à celui pratiqué en France. Il permet de réaliser des projets (achat d’électroménager, petits travaux, vacances, permis de conduire..) mais aussi de payer des factures énergétiques ou simplement de faire face à des difficultés financières.
  • Le prêt immobilier : afin de devenir propriétaire, il est possible de souscrire un emprunt hypothécaire en Suisse. Celui-ci est d’une durée relativement longue, de 20 à 25 ans, voire 30 ans. Il permet à un salarié de rembourser son logement dans la même monnaie que celle avec laquelle il a été payé, et donc d’éviter une augmentation du prix du crédit en cas de variation du cours euro-franc suisse.
  • Le rachat de crédit : il octroie aux souscripteurs la possibilité d’alléger leurs mensualités en renégociant les conditions de leur emprunt, notamment leur coût d’intérêt. Les remboursements seront ainsi plus faciles et permettra une meilleure gestion du budget.

Les conditions d’accès

Malgré une plus grande souplesse en comparaison avec les institutions françaises de crédit, les banques et autres organismes spécialisés dans le crédit frontalier en Suisse exigent aussi des garanties aux éventuels clients :

  • Justifier du statut de frontalier : le souscripteur doit résider dans l’un des départements français bordant la Suisse (Ain, Doubs, Drôme, Haut-Rhin, Haute-Savoie, Territoire de Belfort)
  • Garantir une situation professionnelle et financière stable nécessitant un contrat de travail suisse en vigueur, de 12 à 36 mois d’ancienneté (selon les cantons) et d’un historique bancaire favorable

Il est à noter que les personnes considérées comme « en situation de précarité », les chômeurs, les personnes en contrat de travail temporaire de moins de 3 mois ou encore les personnes fichées en Banque de France ne peuvent pas accéder à ce type de crédit frontalier en Suisse.